Groupement d’Etablisements DE Soins d’Inspiration Catholique

Il y a 2000 ans, les toutes premières communautés chrétiennes ont décliné l’enseignement du Christ en donnant notamment une place majeure aux soins des malades et à l’assistance envers les plus démunis. Dans le contexte de l’époque, se développait alors une forme de rupture : la charité, l’amour qui vient de Dieu, s’étendant à tout être humain, quelle que soit sa condition. Cette rupture s’accompagnait d’un approfondissement et un dépassement de ce que les grecs et les latins avaient pressentis, notamment à travers le serment d’Hippocrate. Néanmoins, l’Église catholique, à travers son enseignement, a toujours lié cet héritage gréco-latin à la Révélation évangélique de l’Amour de Dieu par l’incarnation de Jésus, Vrai Dieu et Vrai Homme.

Cet engagement auprès des plus petits et des souffrants s’est progressivement structuré et développé par la création de lieux de soins et d’exercice de la médecine. L’engagement de très nombreuses communautés de religieuses en Europe a permis de multiplier ces lieux dont l’esprit commun était profondément marqué par la reconnaissance de la dignité inaliénable de chaque malade accueilli. Depuis des siècles, cette reconnaissance demeure un formidable stimulant pour la qualité des soins et pour le développement d’une médecine visant l’excellence.
Dans le sillage de ces communautés, de nombreux laïcs se sont engagés dans le soin et l’exercice de la médecine ; et ce avec une implication forte, emprunte d’un souci de respect dû à la personne malade.

Depuis près d’un demi-siècle, beaucoup d’établissements de soins fondés par des communautés religieuses n’ont progressivement conservé comme référence explicitement chrétienne que leur nom. D’autres (désormais très minoritaires dans le paysage sanitaire national), notamment ceux qui sont toujours portés par des communautés religieuses, gardent une référence explicite au message évangélique.
Ces établissements, toujours soucieux de contribuer au mieux à l’offre de soin dans un paysage sanitaire qui a beaucoup évolué, ne se reconnaissent pas dans le développement d’une médecine utilitariste et dans laquelle le respect de la personne humaine ne relève pas d’une préoccupation première.

En 2016, huit de ces établissements ont reconnu ensemble la nécessité de créer des liens étroits entre eux, avec une dynamique commune qui vise à maintenir, approfondir et développer, aujourd’hui, les richesses humaines qui procèdent des intuitions et références fondatrices. Ces établissements travaillent dans le sens du respect de la dignité de toute personne depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelles.

Cette nécessité s’est fait ressentir tout particulièrement en 2016, du fait d’un contexte d’évolution sociétale (juridique et législative) dans le domaine de la médecine notamment. Étaient en cause notamment la façon de manifester (ou pas) la dignité humaine des personnes ayant une conscience altérée (Cf. la médiatisation et la judiciarisation de la situation de Vincent Lambert), ou en fin de vie (risques sociétaux de l’évolution de la loi concernant les personnes en fin de vie), ou handicapée (eugénisme croissant). Les liens créés entre ces établissements se sont formalisés avec la création du GEDESIC.

Ces huit établissements sont :

Les établissements des Petites Sœurs des Maternités catholiques :
1. La Maternité de l’Etoile à Puyricard (Aix-en-Provence)
2. La Maternité Catholique Sainte Félicité à Paris
3. La Clinique Saint Vincent de Paul à Bourgoin Jallieu
4. Le Centre de rééducation fonctionnelle Saint Vincent de Paul à Bourgoin Jallieu

5. La Clinique des Augustines à Malestroit
6. La Clinique Sainte-Elisabeth à Marseille
7. L’Hopital Saint Jean à Briare
8. L’Institut Jérôme Lejeune à Paris

Ensemble ils ont adopté une CHARTE constitutive :

Notre mission s’appuie sur une anthropologie et des valeurs chrétiennes qui nous ont été transmises par les fondateurs de nos établissements.
A l’exemple du Christ dans l’Evangile « qui est passé en faisant le bien » (Ac 10,38), ceux-ci ont œuvré pour le bien et la santé de leurs contemporains, s’inscrivant ainsi dans la longue tradition des œuvres de Miséricorde et d’Hospitalité remontant aux origines de l’Eglise.

  • Héritiers d’un patrimoine éthique et spirituel commun, issu notamment du serment d’Hippocrate,
  • Nous référant aux Saintes Ecritures et considérant avec émerveillement la vie donnée gratuitement par Dieu à tout être humain et possédant un caractère sacré,
  • Adhérant aux positions de l’Eglise définies par son Magistère, la Doctrine Sociale, par le Catéchisme de l’Eglise Catholique et par ses diverses recommandations telle que la Charte des Personnels de la Santé.

Nous déclarons :

1. Chaque patient est une personne unique, appelée à aimer et être aimée, possédant en elle-même sa dignité. Celle-ci ne dépend en rien de sa condition ou de son état de santé. Elle n’est jamais diminuée par un quelconque handicap ou maladie.

2. Convaincus que le service de la vie oblige à l’excellence, nous développons nos compétences et techniques de soins, avec rigueur, au service des capacités de vie des patients. Nous sommes particulièrement attentifs au soulagement de la douleur dans toutes ses composantes.

3. Reconnaissant comme une nécessité le fait de satisfaire les besoins fondamentaux de la personne malade ou handicapée, nous mettons tout en œuvre pour l’aider à garder le plus longtemps possible sa capacité à communiquer, sa conscience et son autonomie.

4. Chaque patient est une personne, être corporel et spirituel, à laquelle nous apportons, selon ses besoins et nos possibilités, un soutien psychologique, social, amical ou spirituel. Nous lui offrons une qualité de présence et d’écoute, attentifs à discerner ses attentes ainsi que celles de sa famille. Nous veillons à y répondre, avec respect et en vérité.

5. Conscients des enjeux éthiques inhérents à la pratique des soins et à l’exercice de la médecine auprès des personnes vulnérables, notamment pour ce qui concerne le handicap, le début et la fin de la vie, nous entretenons au sein de nos équipes un discernement éthique.

6. Nous nous interdisons d’inspirer, de faciliter, de favoriser et à plus forte raison de commettre de quelque manière que ce soit, un acte de nature à mépriser ou à détruire la vie humaine, de son commencement jusqu’à son terme naturels. Nous favorisons toutes initiatives reconnues par l’Église Catholique comme étant à même de promouvoir le respect et l’épanouissement de la vie humaine.

7. Certains qu’un accompagnement fécond dépend d’une réelle complémentarité entre les acteurs de soins, professionnels, aidants et bénévoles, nous voulons promouvoir l’esprit d’équipe et de fraternité, dans la confiance et l’estime réciproques.

8. Employeurs socialement responsables, nous considérons nos salariés, intervenants et fournisseurs, avec respect, confiance et bienveillance. Nous nous engageons à proposer et dispenser des formations s’inscrivant dans l’esprit de cette charte, à l’ensemble de nos salariés. Nous recherchons leur épanouissement et appliquons, dans la gestion de nos établissements, la doctrine sociale de l’Eglise.